Le loup qui découvrait le pays des contes, Oriane Lallemand et Éléonore Thuillier

DSCN8170 copieParu aux éditions Auzou en août 2014, 31 p.

L’histoire :
Loup, bien décidé à faire un bon gâteau aux pommes pour le Grand Goûter du Printemps, part dans la forêt à la recherche d’un peu d’aide pour faire son dessert.


Mon avis :
« À tous les petits cochons, les poulettes, les chevreaux et autres Chaperons qui ont encore peur du Loup… » écrit l’illustratrice Éléonore Thuillier. Et l’on voit bien toute la portée de ces albums Loup : essayer de faire voir aux enfants une autre image du loup, une image plus douce et moins effrayante, mais surtout plus proche d’eux. Loup aussi se sent parfois jugé à cause de l’idée reçue du « grand méchant loup », il a aussi envie de changer d’apparence parce qu’il ne se sent pas bien dans sa peau, tout comme il a encore peur du noir. Au final, c’est un Loup qui ressemble un peu à chacun des enfants qui liront, à qui on lira, cette histoire.
Dès qu’il rencontre un personnage de conte, il se retrouve face aux préjugés des autres qui croient qu’il va les dévorer ou leur faire du mal (pas tous heureusement). Mais Loup, veut juste un peu d’aide et les ingrédients nécessaire pour son gâteau.
Après de nombreuses rencontres et péripéties, il rentre chez lui avec l’aide de Blanche-Neige pour enfin cuisiner son gâteau, et s’attabler avec toute la forêt autour d’un grand goûter et fêter le printemps.

Aussi, j’ai adoré les petits clins d’œil de l’illustratrice : du chat botté qui passait par-là, du cœur gravé par Belle et Bête, de la note sur le frigo de Blanche-Neige à Pinocchio dans la marmite !
La recette de Tatie Rosette en fin d’album est plaisante aussi.
Dernier petit détail que j’ai apprécié, les petits personnages de l’album hauts en couleur sur la deuxième et troisième de couverture ainsi que la première et la dernière « page papier » (je manque de vocabulaire !) parmi les motifs Loup.

En bref, j’ai trouvé cet album très très intéressant, plus que le premier que j’avais lu (ici). Parce qu’il y a une double fonction de celui-ci : l’enfant découvre le pays des contes sous une autre approche, en même temps que Loup, avec bien sûr l’aspect éducatif et « moral » de l’album jeunesse. Mais aussi parce que la cuisine comme fil conducteur peut susciter bien des envies chez les tout-petits – et même chez les plus grands !


Quatrième de couverture :
« Cette année, pour le banquet du Printemps, Loup veut faire un gâteau aux pommes. Oui mais… il ne sait pas cuisiner. Il attrape son petit panier et sort, bien décidé à trouver quelqu’un pour l’aider. Et qui donc Loup va-t-il rencontrer dans la forêt ? Trois petits cochons, le Petit Chaperon rouge, une horrible sorcière… Et bien d’autres encore ! Il faut au moins cela d’aventures pour réaliser le délicieux gâteau de Tatie Rosette ! Bon appétit ! »

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La petite Sorcière – Benjamin Lacombe et Sébastien Perez

La petite Sorcière, Benjamin Lacombe et Sébastien Perez, Paris, Seuil Jeunesse, 2008, 36 p.

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L‘histoire :
Une petite fille, plutôt délaissée par ses parents, se rend chez sa grand-mère pour passer Noël. Elle va découvrir un grimoire poussiéreux qui va changer son existence…


Mon avis :
Une jolie histoire pour toutes les petites filles (et/ou les plus grandes) qui ont déjà rêvé d’être un sorcière ! Plus sérieusement, l’histoire, bien que très classique – on y retrouve des thèmes récurrents (sorcières, grand-mère, chat noir, don exceptionnel, livre poussiéreux) – reste plaisante. Heureusement, les illustrations sont là pour nous donner une ambiance sombre mais douce, propre à, respectivement, un monde de sorcière/magie et à l’enfance. On suit donc volontiers Lisbeth dans sa quête d’identité… Effectivement, ses parents ne s’occupe pas vraiment d’elle, et sa mère est particulièrement exaspérée de sa manie de terminer les phrases avant que l’interlocuteur lui-même ne le fasse. Elle trouvera dans un grimoire, chez sa grand-mère, la réponse à certaines de ses questions, et une famille à laquelle elle n’avait jamais pensé : celle des sorcières.

L’album est techniquement très appréciable, grand, avec une double page d’illustration sur laquelle figure le premier texte, puis à chaque fois, une page de texte (avec de très beaux et fins dessins en bas de page, très esthétiques d’ailleurs) et une page d’illustration. Cela jusqu’à ce que la jeune fille se regarde dans le miroir et se voit…rousse comme l’étaient beaucoup de ses ancêtres. Puis le rythme une page de texte/une page d’illustration reprend son cours.

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Vous pouvez ici admirer une des belles illustrations de Benjamin Lacombe.

Le petit plus, sans doute un petit plaisir que s’est accordé l’illustrateur, une dernière double page reprenant une généalogie de sorcières où l’on retrouve des femmes célèbres. J’ai d’ailleurs appris qu’il y avait Grimoire de Sorcières des mêmes auteurs, je le rajoute dans mes livres à lire, car il est certainement un bon complément à cet album.

En bref, de belles illustrations et une jolie histoire qui font de cet album un de mes préférés. Les dessins imposants de Benjamin Lacombe se marient parfaitement avec ce récit douceâtre; recette souvent garante d’un album réussi.


Quatrième de couverture :
« Alors qu’elle explore le grenier de sa grand-mère, Lisbeth découvre un étrange et poussiéreux grimoire. En tournant les pages, elle apprend que sa douce grand-mère Olga serait une sorcière. Et la petite fille n’est pas au bout de ses surprises. »

Dans la tête de Monsieur Caboche / Masse critique Babelio #1

Dans la tête de Monsieur Caboche, Maureen Dor et Pascal Lemaître

Les éditions Clochette, 2014, 23 p.

DSCN7786Tout d’abord, merci aux éditions Clochette pour l’exemplaire et à Maureen Dor pour le petit mot qui fait toujours plaisir. Et merci à Babelio d’organiser le tout : cela nous permet de découvrir de nombreux ouvrages (en main propres qui plus est).

L’histoire est celle de Monsieur Caboche, qui a oublié sa tête des mauvais jours sur un banc. Il se retrouve avec sa tête des bons jours pour toujours et cela le contrarie : on ne peut pas mêler pied gauche et tête des bons jours, « Non, la nature est bien faite; si on a deux têtes, ce n’est pas pour rien. » (p. 10)

Je dois dire qu’après une première lecture je me suis sentie sceptique. Sceptique non pas face à la qualité de l’ouvrage en lui-même, mais plutôt sur ce que l’on peut en tirer. Autrement dit, j’ai eu de la difficulté à mettre les mots sur ce que je venais de lire : aucun problème pour l’histoire mais plutôt pour ce qu’il en ressort. Je pense en fait que les jeux de mots sont trop nombreux et portent à confusion, mais étrangement je pense que c’est aussi ce qui fait le charme de cet album : les illustrations sont là comme pour, en quelques sortes, « soulager » notre « prise de tête » face à la compréhension des multiples jeux de mots (et c’est peut être cela le rôle de l’illustration). Par exemple, lorsque l’auteur nous raconte que Monsieur Caboche va donc trop user sa bonne tête, et même trop la nourrir, « il aurait très vite la grosse tête ! » : au-dessus de cette phrase est illustré le personnage principal s’empiffrant de gâteaux  et attrapant…la grosse tête. Ce qui rend directement accessible cet album aux enfants sur ce point. Je mets quand même un petit bémol à cette dernière phrase en ajoutant que cet album peut sans aucun doute permettre plus jeunes (enfin, 4 ans cela me paraît peut être un peu tôt ?) d’apprendre quelques expressions – comme celle citée plus haut – et bien d’autres mais qu’il reste, à mon sens, assez difficile à comprendre.
Cependant, la trame de l’histoire, les péripéties (plus précisément celles de Monsieur Caboche), le dénouement ainsi les illustrations amusantes font de cet album un ouvrage plaisant à lire, malgré tout ce « brouillard » d’expressions autour de « la tête ».

D’un côté, j’ai l’impression que cette confusion est voulue, notamment à cause des petits mots « prise de tête » sur la couverture de l’album, à la place de la tête de Monsieur Caboche. Une possible volonté de l’auteur de nous montrer que cela ne sert à rien de se prendre la tête, mieux vaut agir comme Monsieur Caboche et la changer pour une autre ? (Cf. la fin : « Si vous aussi, vous avez régulièrement la tête pleine comme un œuf, avec l’envie de vous l’arracher, prenez-là gentiment et déposez-là dans un endroit que vous n’oublierez pas. Ce n’est jamais bon de perdre la tête. » (p. 22)
C’est précisément là que réside mon sentiment d’ambivalence face à cet album : d’un côté, la confusion règne, une vraie prise de tête, et de l’autre tout semble joliment manigancé par l’auteur.

En bref, un joli album aux couleurs pastels et aux illustrations rigolotes, léger tout autant que prise de tête. Une histoire originale, bien qu’un peu indigeste aux premiers abords (aucunement dans son sens péjoratif). En fait, il faut s’approprier l’histoire et la relire pour outrepasser ce côté qui peut paraître confus et porter à confusion.


Quatrième de couverture :
« Un jour, Monsieur Caboche perdit la tête.
Il l’avait oubliée sur un banc et quand il était revenu,
il ne l’avait pas retrouvée.
Quelqu’un lui avait lâchement pris la tête. »


Quelques extraits :

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Cyrano – Rebecca Dautremer et Taï-Marc Le Thanh

Par Taï-Marc Le Thanh et Rebecca Dautremer, Gautier-Languereau, 2006.DSCN7390

Quatrième de couverture :
« Cyrano avait un gros nez.
Cyrano était amoureux de sa cousine Roxanne.
Mais il n’osait le lui dire (à cause de son gros nez).
Heureusement, Cyrano était poète.
Voici les aventures tumultueuses de Cyrano racontées très librement (et même d’une façon un peu cavalière*), d’après Cyrano de Bergerac d’Edmond Rostand.
* Une façon cavalière est une façon de cheval. Une façon un peu cavalière est une façon un peu de cheval. »


Mon avis :
Encore un très bel album de Rebecca Dautremer. Le format est idéal pour apprécier l’histoire mais aussi les illustrations.
L’histoire teintée d’humour est très poétique.


« Cyrano était aussi un poète.
Mais souvent le facheux
ne comprenait rien à la poésie.
Cyrano lui tapait sur la tête
pour bien lui faire comprendre ses paroles. »

Cyrano Dautremer

Princesses oubliées ou inconnues…, Rebecca Dautremer et Philippe Lechermeier

DSCN7403Quatrième de couverture :
« Dans Princesses, il y a Cendrillon et quelques autres célébrités mais on y trouve surtout des princesses oubliées, des princesses injustement ignorées. Ce n’est pas tout. Dans Princesses, il y a des histoires, des anecdotes, des secrets et des portraits. Il y a des choses qui font rire, qui font peur, d’autres encore qui font rêver. Et ce n’est pas tout. Dans Princesses, il n’y a pas que des princesses. Il y a aussi des cailloux, des ombrelles et des baisers. Des jardins, un prince, des papillons noirs. Un planisphère, des mystères. De l’amour. Comme toujours. Mais il n’y a pas que ça. Princesses parle de princesses comme personne ne l’a jamais fait, les montre comme vous ne les avez jamais vues. Mais ce n’est pas tout… « 

Paru chez Gautier-Languereau, par Rebecca Dautremer et Philippe Lechermeier, 2004, 92 p.


Mon avis :
Mon album préféré de Rebecca Dautremer ! Les princesses y sont plus belles et plus farfelues les unes que les autres. D’ailleurs, elles sont si nombreuses, ces princesses oubliées ou inconnues, qu’inévitablement on se reconnaît dans au moins une d’elle. Tout ça pour dire qu’on est chacune une princesse à notre façon.

À lire sans modération !

L’amoureux – Rebecca Dautremer

DSCN7402Quatrième de couverture :
« Ernest n’arrête pas d’embêter Salomé.
Il lui tire les cheveux,
fait tomber ses lunettes exprès…
La maman de Salomé dit que, peut-être,
Ernest est amoureux d’elle.

Mais ça veut dire quoi, amoureux ?

Sur ce sujet, tous les copains
de Salomé sont bien renseignés
et chacun a son mot à dire:
amoureux, c’est…  »

Paru chez Gautier-Languereau, 2003, 36 p.
Édition de la photo : Gautier-Languereau coll. Les Petits Gautiers, 2007, 32 p.


Mon avis :
Un très bel album de Rebecca Dautremer, à lire pour les petits comme pour les grands. L’histoire est traitée de façon originale : chacun des camarades de Salomé donne sa définition de ce qu’est réellement un amoureux, et accompagné des magnifiques illustrations aux tons de rouge et de roses, doux et enfantins, l’album est un vrai délice.

Le loup qui voulait changer de couleur – Éléonore Thuillier

Quatrième de couverture :DSCN7392
« Ce matin, le loup est de très méchante humeur.
Tout en noir, il ne se trouve pas beau du tout. C’est décidé, il va changer de couleur !
Mais ce n’est pas aussi facile qu’il croit… »

Paru chez Auzou, par Oriane Lallemand et Éléonore Thuillier, 2009, 31 p.


Mon avis :
Un joli album sur le thème de l’acceptation de soi.
Le loup, insatisfait de son apparence, se décide à changer de couleur. Il en essaye une nouvelle tous les jours, en se roulant dans la boue, ou encore en se peignant en vert, mais il ne se trouve jamais à son goût…Et surtout, il ressemble à chaque fois à tout sauf à un loup.
Alors, après avoir tenté pendant sept jours une couleur différente, il se rend compte qu’au final, c’est pas si mal d’être un gros loup noir.

Les dessins sont très simple et très jolis, et le personnage du loup très attachant !
(On retrouve ses aventures dans les divers albums intitulés Le loup qui … Il y a également celles de P’tit loup)

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Une dédicace d’Éléonore Thuillier. Un loup à croquer.