Je vous emmène – Joyce Carol Oates

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Quatrième de couverture :
« En ce début des années soixante, nous n’étions pas encore des femmes mais des jeunes filles. Fait qui, sans ironie aucune, était considéré comme un avantage. » Ainsi commence cette chronique de la vie d’un campus américain à l’époque où le seul diplôme reconnu pour une demoiselle qui se respecte était une bague de fiançailles. Que se passe-t-il dans ce petit monde édulcoré quand une jeune femme s’éprend d’un étudiant noir alors que la ségrégation raciale bat son plein? Voilà le point de départ de ce tableau d’une Américaine avant la tempête, encore perdue dans ses rêves d’innocence. Bien plus qu’une réflexion critique sur une période souvent évoquée avec nostalgie, Je vous emmène retrace le parcours d’une jeune fille indépendante, à la fois vulnérable et rebelle. C’est dans l’écriture qu’elle trouvera sa place et construira son identité en dehors des modèles offerts. »

Paru aux Édition Stock en 2004, 380 p.
Le Livre de Poche, 350 p.


L’histoire :
L’histoire est celle d’Anellia (elle se dit comme telle mais on n’aura aucune connaissance de son vrai nom), une brillante jeune fille, aux revenus modestes, même inexistants, travaillant d’arrache-pied pour se payer ses études, et tenter de survivre à sa façon.Le livre est divisée chronologiquement en trois parties de sa vie, la première, La pénitente, est le récit de sa vie dans la sororité Kappa Gamma Pi. Fascinée par ces filles populaires et assumant leur féminité jusqu’à l’extrême, elle tente de s’intégrer par tous les moyens mais la névrose prend le pas sur le reste. Aussi, elle se rend compte peu à peu de la vanité, au sens pascalien du terme, de ces filles.
La deuxième partie Négrophile, Anellia est fascinée par un étudiant en doctorat de philosophie noir. On la suit encore dans sa quête désespérée de reconnaissance comme être humain en tant que tel.
Dans la troisième et dernière partie L’issue, Anellia reçoit un coup de fil bouleversant de son frère et se rend au chevet de son père. Elle rencontre sa nouvelle compagne (qui se dit comme telle) et qui lui interdit formellement, sous ordre de son propre père, de regarder son visage. Anellia reprend donc contact avec son père, qu’elle n’avait pas vu depuis longtemps et qu’elle croyait mort.


Mon avis :
C’est le troisième roman que je lis de Joyce Carol Oates. Roman que j’ai trouvé par hasard et je dois dire que je n’ai pas été déçue. Ce qui m’a plu c’est surtout la quête d’identité et de reconnaissance perpétuelle d’Anellia, se traduisant à travers différentes personnes (les soeurs de Kappa, Vernor, son père) qui est je trouve très justement écrite et décrite. On s’identifie très vite à Anellia, qui, au final, est un peu le reflet d’une petite partie de nous-même, une partie tapie dans l’ombre de notre propre personne, mais qui est pourtant bien présente. Et le contexte – les années soixante aux États-Unis – ne peut que nous aider à nous sentir si proche de cette époque; il paraît si réel et aussi impitoyable qu’il devait l’être.

Beaucoup diront, et peut-être à juste titre, que l’histoire est lente, plate et trop descriptive. Je trouve qu’au contraire, cette lenteur est nécessaire pour décrire la vie quotidienne d’une fille comme Anellia, puisque sa vie n’a rien d’extraordinaire. (J’avais lu plusieurs avis négatifs avant de m’attaquer à ce livre).
D’ailleurs, le désespoir, la névrose, la mort et le racisme sont des sujets chers à Joyce Carol Oates : je pense entre autre à Fille noire fille blanche (racisme), Petite sœur mon amour (mort), Les chutes (névrose, mort) et Cher époux (désespoir, névrose) dans ce que j’ai lu d’elle. C’est vrai que je dresse un portrait de son œuvre très attirant aux vues de ses thèmes de prédilection…il ne faut d’ailleurs en aucun cas s’arrêter à cela.
Ce qu’il faut retenir c’est que Joyce Carol Oates nous présente l’Amérique selon différente époques dans ses livres, et d’une manière très juste, car elle conte l’histoire de personnes non pas hors-du-commun, mais bien « banales » (si je puis dire), des personnes que tout le monde aurait pu être/sont.

Il faut noter que le récit est ponctué de références à de grands philosophes, Wittgenstein, Spinoza, Pascal, avec des citations en début de chapitres. J’ai trouvé cela très intéressant, le lien entre la philosophie dans le roman (Anellia, étudiante en philo) et les phrases citées, qui sont plus extérieures au roman, d’une part car elles ne sont pas intégrées au récit (elles sont avant le début du chapitre) et d’autre part car elles nous proposent un regard/une rélfexion plus général(e) sur la situation des personnages, et d’Anellia, bien sûr.

En bref, un roman que j’ai bien aimé, on s’y plonge dedans dès les premières lignes et l’époque est très bien décrite (sororité, racisme = États-Unis des 60’s).

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